Extrême droite

Victoire contre le groupuscule « Patria Albiges »

Des membres du groupe « Patria Albiges » avaient placardé des affiches appelant à la haine, à la violence ou à la discrimination sur l’enceinte d’un jardin public à Albi. La LDH, constituée partie civile dans ce dossier, se félicite du jugement de condamnation rendu à leur encontre. L’affaire Lola, l’histoire de cette enfant poignardée par une personne psychiquement instable à Annecy, aura vu bien des personnes s’emparer de ce dossier pour commettre à leur tour des infractions. C’est le cas de membres du groupe « Patria Albiges » qui ont placardé des affiches sur le grillage du parc Rochegude à Albi, sur lesquelles on pouvait lire : « PARC FERMÉ – RAISON DE FERMETURE : risque élevé de se faire poignarder – protégeons NOS FAMILLES de l’immigration ! ».
La LDH s’était constituée partie civile à l’audience, le 12 décembre 2023, contre les auteurs de ces affiches. Le tribunal a déclaré les trois prévenus coupables des faits qui leur étaient reprochés et les a condamnés à une peine de trois mois d’emprisonnement avec sursis outre un stage d’apprentissage des valeurs de la République. Ceux-ci ayant interjeté appel de leur condamnation, une audience s’est tenue le 28 novembre 2024 devant la Cour d’appel de Toulouse 14h. Dans sa décision du 23 janvier 2025, la juridiction d’appel a confirmé la condamnation des intéressés pour le délit de provocation publique à la haine ou à la violence à raison de l’origine ou de l’appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une race
ou une religion déterminée. Les trois personnes condamnées ayant formé un pourvoi en cassation, la LDH a poursuivi sa mobilisation devant la Haute Cour. Par un arrêt du 17 mars 2026, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par les intéressés. La juridiction rappelle de façon utile que le terme « immigration », bien que polysémique, vise en l’espèce non pas un phénomène social mais bien un groupe de personnes, confirmé par l’utilisation du verbe actif « tue ». Surtout, elle juge qu’en retenant que « les propos qui affirment de façon péremptoire que l’ensemble des immigrés pouvait tuer, sans distinction parmi les personnes issues de l’immigration, revêtent une gravité particulière, et excèdent ce qui relève de la liberté d’expression sur un sujet d’intérêt général », la cour d’appel a fait l’exacte application des textes visés. Elle ajoute de façon intéressante que « les propos en ce qu’ils présentent l’ensemble des immigrés comme faisant encourir un danger de mort aux femmes et aux enfants contiennent une exhortation à la haine » et que « réduire toute une communauté, en l’espèce les immigrés, au comportement criminel adopté par l’un d’entre eux, ne relève pas de la liberté d’expression mais constitue un abus de celle-ci ».

La LDH poursuivra inlassablement son combat contre les groupuscules d’extrême droite qui véhiculent des discours de haine racistes et prônent la division.

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